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lundi 5 janvier 2009

depuis...


Le Moine au bord de la mer
Caspar David Friedrich

depuis...

Aux abords d'une nouvelle année,
seule face à l'horizon toujours incertain,
si ce n'est sa ligne insaisissable, infranchissable,
toujours plus loin quand le désir te porte à sa rencontre,
à moins de ne voir apparaître enfin le rivage où accoster après son long voyage,
le dernier,
mais avant quitter son îlot, affronter le vaste, l'inconnu,
oser les flots,
confondre l'attente,
sur ton visage, les embruns se mêlant à la marée intime,
au bout de la langue, le sel a le goût du sel, toujours.
Dans les yeux une éclaircie,
toujours le soleil revient, indifférent à nos ténèbres,
toujours les vagues sur le sable noient leur crête sauvage.
Les fioles des regrets dans quel océan les verser?
Toute l'iode des mers pourrait-elle suffire à masquer leur amertume?
Les promesses se muent-elles en de fragiles hypothèses?
Pourtant dans la confiance d'un seul regard,
je suis grimpée à bord de leur flottille,
où j'attends chaque nuit la phosphorescence des algues guider mon sillage.
Je murmure à l'oreille des coquillages pour que tu y entendes ma voix,
depuis.

Estelle C.